« Je me sens engourdi. Absent. Comme si je n'étais plus vraiment là. »

C'est souvent ainsi que le burn-out se présente d'abord dans mon cabinet. Les personnes décrivent un sentiment de déconnexion, d'elles-mêmes et de leur vie. Et pourtant, étrangement, elles n'arrivent pas à décrocher du travail. Elles consultent leurs e-mails tard le soir, répondent à des messages qu'elles aimeraient ignorer, et leur esprit revient sans cesse au travail.

La motivation a disparu. L'énergie et l'élan qu'elles ressentaient pour leur travail, un métier qu'elles aimaient souvent, voire adoraient, se sont envolés. À la place, il y a une lourdeur. Elles se sentent fatiguées en permanence, comme si elles pouvaient dormir sans fin.

Dans leur tête, elles savent qu'elles devraient être performantes, avancer, terminer leurs tâches. Mais en réalité, elles n'arrivent tout simplement plus à rien accomplir. Et cet écart entre ce qu'elles attendent d'elles-mêmes et ce qu'elles peuvent réellement faire devient lui-même une source de souffrance.

Si cela vous parle, vous traversez peut-être un burn-out. Dans ma pratique de thérapeute à Dubaï, je le rencontre souvent, en particulier chez des professionnels aux postes exigeants qui donnent tout depuis longtemps.

Les signes fréquents du burn-out

  • Se sentir engourdi, absent ou déconnecté de soi-même et de sa vie
  • Ne pas réussir à décrocher du travail : consulter ses e-mails, répondre aux messages, penser au travail en permanence
  • Perdre la motivation pour un travail qu'on appréciait, voire qu'on aimait
  • Se sentir lourd et fatigué tout le temps, comme si on pouvait dormir sans fin
  • Savoir ce qu'on « devrait » faire, mais ne pas y arriver
  • Constater que les week-ends et les vacances ne rendent plus l'énergie

Qui fait un burn-out ?

Les personnes que je vois le plus souvent faire un burn-out sont celles qui visent l'excellence. Elles ont généralement des postes exigeants et beaucoup de responsabilités, et elles ont toujours donné 150 % à leur travail.

Beaucoup ont le sentiment de devoir constamment faire leurs preuves. Quoi qu'elles fassent, ce n'est presque jamais assez bien. Souvent sans s'en rendre compte, elles recherchent la validation et l'approbation des autres, en attendant la prochaine étape : la promotion, la prime, les dix ans d'ancienneté, l'échelon suivant. Elles espèrent qu'une fois arrivées, elles se sentiront enfin satisfaites.

Mais ce sentiment ne vient jamais vraiment. La ligne d'arrivée recule sans cesse, et elles continuent de courir.

Burn-out ou fatigue : pourquoi c'est bien plus qu'être fatigué

Le burn-out est un état que l'on atteint après avoir vécu un stress intense pendant très longtemps. Pendant des mois, parfois des années, le système nerveux a fonctionné en mode combat-fuite : en alerte, à pousser, à tenir. Il finit par s'épuiser, et le corps bascule dans un état de figement, ou d'arrêt.

C'est pour cela que le burn-out est si différent de la fatigue ordinaire. Un week-end de repos ne rend pas l'énergie. De belles vacances non plus. Vous ne vous sentez peut-être ni triste ni déprimé. Vous vous sentez simplement éteint. Deux ou trois jours de congé, même une ou deux semaines, ne semblent pas vous ramener.

On peut avoir l'impression que le corps a décidé, désormais, de choisir à notre place ce dont on a besoin, ce qu'on peut faire et ce qu'on ne peut plus faire. Beaucoup se sentent complètement dépassés, voire trahis par un corps qui semble les lâcher.

Mais votre corps n'agit pas contre vous. Il protège la toute petite réserve d'énergie qu'il vous reste, en redéfinissant les priorités. À sa manière, il vous demande de vous arrêter.

Ce qui se cache en dessous

Le burn-out ne tient que rarement à la seule charge de travail ou à un emploi stressant. Quand on regarde en dessous, on trouve souvent :

  • Un critique intérieur sévère
  • De la difficulté à dire non et à poser des limites
  • Un fort sentiment de responsabilité envers les autres
  • Un besoin d'approbation et un besoin de performance
  • Des exigences sans relâche
  • Un profond besoin de prouver sa valeur

Ensemble, ces éléments exercent une pression énorme sur toute la personne. Bien avant que le burn-out ne devienne visible, elle fonctionnait déjà sur la réserve.

Pourquoi le repos et l'acharnement ne marchent pas

Quand les personnes viennent me voir, elles sont souvent assez en colère contre elles-mêmes. Elles ont essayé de se reposer. Elles sont parties en vacances. Elles ont continué à tenir bon. Les jours où il leur reste un peu d'énergie, elles essaient de rattraper le temps perdu et d'en faire le plus possible.

Et rien de tout cela ne fonctionne.

Cela ne fonctionne pas parce qu'il n'y a pas encore de vraie compréhension de ce qui a mené à cet état. Et parce que, même en essayant de récupérer, on demande souvent encore beaucoup trop à son corps et à son système nerveux.

La récupération commence quand on apprend à vraiment prendre soin de soi. Et quand je dis prendre soin, je ne parle pas de prendre un bain, d'allumer des bougies ou de réserver un massage. Je parle de quelque chose de plus profond, et souvent de plus difficile.

Comment la thérapie aide à se remettre d'un burn-out

Dans mon travail avec les personnes en burn-out, nous commençons par comprendre : votre état actuel, votre histoire, et les croyances et comportements qui vous ont mené ici.

À partir de là, j'apprends à mes clients à :

  1. Être plus bienveillants envers eux-mêmes. Accueillir leur épuisement avec compassion plutôt qu'avec critique.
  2. Ralentir. Souvent ce que les personnes exigeantes détestent le plus, et précisément ce que leur corps leur demande.
  3. S'écouter. Remarquer leurs signaux et leurs limites, au lieu de passer outre.
  4. Agir, mais autrement. Non pas tout arrêter, mais agir depuis un autre endroit, avec de nouvelles limites et de nouvelles façons de répondre aux anciennes pressions.

C'est là que l'on commence à voir des changements. L'énergie revient doucement. Le travail retrouve sa place, au lieu de prendre toute la place. Et la valeur que l'on accordait à la performance commence à reposer sur quelque chose de plus stable.

Votre corps ne vous laisse pas tomber

Si vous lisez ces lignes en vous sentant engourdi, lourd, et frustré de ne pas « rebondir », entendez bien ceci : il n'y a rien qui cloche chez vous. Votre corps a porté trop, trop longtemps, et il fait de son mieux pour vous protéger.

La solution n'est pas de pousser plus fort. C'est de comprendre, de ralentir, et d'apprendre, en douceur, une autre façon de vivre et de travailler.